Une vie une histoire Une légende- JULIO IGLESIAS

 

Julio Iglesias: “Je suis stoïque. Je m’impose une discipline de fer”

22 Janvier 2014

Par: Emilio J. López, Agencia EFE

Direct et loquace, perfectionniste et imprévisible, avec un sens de l’humour taquin, il avoue qu’avec les années, il a découvert que “le sucre est mauvais et que l’on perd ses cheveux”. Mais il a aussi appris “à ne pas juger les gens, à ne pas se sentir coupable et à faire la différence entre la générosité et l’avarice”, a-t-il déclaré à l’agence EFE, lors d’un entretien téléphonique.

Julio Iglesias a captivé des jeunes et des moins jeunes du monde entier, qu’ils ne voient pas. La voix. Une voix extraordinaire, chaude et viscérale, au timbre séducteur. Au fil des années, cette voix s’est enrichie des affects, de la bohème, des amours qui se font et se défont, d’une plénitude d’expériences et de la conviction que le bonheur, comme disait l’écrivain Ramón Pérez de Ayala, est, en fin de compte, un produit de fabrication maison.

Aujourd’hui, quand on l’entend chanter El amor ou Caruso, on ne peut cesser de penser qu’il existe une lignée de chanteurs qui ne s’est pas encore perdu.

Le 22 février prochain, le chanteur espagnol le plus universel se produira devant le public de Miami à l’American Airlines Arena, poursuivant sa longue tournée américaine avec des concerts à Clearwater, Naples et Jacksonville (également en Floride) et dans les états de Californie, Arizona, Nouveau-Mexique, New Jersey, Texas et Nevada. Le 24 avril, il chantera au Carnegie Hall de New York dans un gala en hommage à Oscar de la Renta.

Une tournée de concerts qui le conduira aussi en Amérique latine (Mexique, Panama, Nicaragua) et dans toute l’Europe, avec des concerts en Espagne, en Angleterre, en France, en Hollande, en Suède ou en Irlande du Nord, entre autres.

QUESTION. Quelles émotions éveille en vous cette longue tournée mondiale de 80 concerts, dont une trentaine aux États-Unis ?

RÉPONSE. Ce qui est bon, ce n’est pas ça. Ce qui est bon, c’est l’envie que j’ai de les faire. Si je ne chantais pas, me mourrais physiquement et mentalement. Chanter me donne la joie de me sentir vivant.

Q. Une tournée qui doit exiger un énorme travail de préparation physique et mentale…

R. à 70 ans, chanter sur une scène n’est pas si facile. Ce sont deux heures de concert d’une grande intensité, et je suis seul sur scène ; le secret, c’est la passion et l’émotion et se donner à fond.

Q. Et comment résistez-vous à ce rythme de concerts si intense ? Êtes-vous très exigeant envers vous-même ?

R. Ma vie est totalement et absolument disciplinée, jusqu’au masochisme. Je m’impose une discipline de fer. Je suis très exigeant envers moi-même, discipliné. Je suis stoïque.

Julio Iglesias ne cache jamais que le succès fait partie intégrante du tissu de sa vie, au contraire de ceux qui pensent que c’est un mirage auquel il ne faut pas prêter attention. Succès, oui, mais résultat du sacrifice.

“Le succès est une merveille, parce qu’il vous permet d’avoir les yeux qui brillent ; mais s’il s’agit d’un succès sans sacrifice à côté, alors ce n’est pas un succès honnête”, affirme le chanteur espagnol, qui a reçu en avril 2013 le trophée Guinness Records à l’artiste latin qui a vendu le plus de disques dans le monde.

Il donne comme exemple de cette indissoluble forge de succès et de sacrifice le cas du tennisman Rafael Nadal. “Mon grand ami Rafa, jouant avec la main pleine de plaies (dans ses matches à l’Open d’Australie), dans un acte de volonté et de sacrifice total et avec une douleur constante”, raconte-t-il avec admiration.

Q. C’est-à-dire que finalement, tout ce qui vaut la peine dans la vie s’acquiert à base d’efforts ?

R. Oui. Le bonheur est un grand effort. Le bonheur n’est jamais gratuit. Le seul bonheur gratuit, c’est celui de la loterie.

Q. Quelle est la meilleure langue pour faire l’amour ?

R. Le langage des yeux. Les mots s’oublient, le vent les emporte. Les yeux restent pour toujours.

Le chanteur madrilène fait une pause, perdu dans ses pensées, et évoque d’un seul coup sa relation avec Miranda : “La relation avec ma femme est celle d’un amour très profond et d’un immense respect. Cela fait des années maintenant que je n’imagine pas vivre sans elle. Mirande est d’une générosité totale avec la vie et elle a des qualités exceptionnelles”.

Il fait ensuite référence à ses enfants et à quel point il est difficile de d’imaginer “ce que vont faire les plus petits” dans le futur, quelles qualités ils ont en eux. Il explique, par exemple : “Je ne m’attendais pas à ce qu’Enrique soit le phénomène qu’il est, à la qualité humaine et artistique de Julio (Iglesias Jr.) ou à la bonté de ma fille ainée (Chábeli)”.

À propos des cinq enfants qu’il a eu avec Miranda (Miguel, Rodrigo, les jumelles Victoria et Cristina et Guillermo), il a affirmé que le plus important, c’est qu’ils soient “tout d’abord généreux avec leur maman, et ensuite compétitifs. Ils doivent se rendre compte de ce qu’ils ont eu, qu’ils ont eu beaucoup de chance et qu’ils se doivent de la mériter”.

 

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Julio Iglesias: “Arrêter de chanter et me retirer serait comme mourir en pleine vie”

11 Mai 2013

Par: -, Agencia Notimex – Diario de Yucatán

MEXICO (Notimex).- Le chanteur espagnol Julio Iglesias a affirmé, alors qu’il fête ses 45 ans de carrière artistique, ne pas penser à renoncer à la scène, car s’il arrête de chanter, ce serait comme mourir en pleine vie.

‘Je fais des tournées pour me sentir bien. Ce sont 22 heures d’attente quotidiennes au cours desquelles on te met dans une chambre, durant ce temps je sors peu, je mange très peu, et toute ma réflexion est concentrée sur les deux heures du concert, car quelle que soit la douleur dont je peux souffrir, quel que soit le problème que je peux avoir, quand je monte sur scène, je n’ai pas d’âge.

‘C’est comme si la valve de mon cœur distribuait mieux que jamais le sang dans tout mon corps. Ma pression baisse et mon âme s’agrandit.

‘Me retirer serait injuste parce que cela fait 45 ans que je chante et ce serait comme mourir en pleine vie, qui est la pire des morts. Tant que j’aurai un petit endroit où chanter, je continue

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“Mon grand succès c’est de rester vivant”

25 Juillet 2010

Par: Pedro Luis Gómez, Diario Sur

Il est au sommet, c’est le chanteur vivant ayant vendu le plus de disques de l’histoire de la musique, il est consideré comme le meilleur chanteur latino de tous les temps et c’est une idole mondiale. C’est Julio Iglesias. A ses 66 ans il est « comme d’habitude », c’est-à-dire à l’apogée de sa carrière, débordant d’enthousiasme et amoureux de son pays et de ses gens par-dessus tout. Récemment, ‘The New York Times’ terminait un interview avec José Luis Rodriguez Zapatero avec une phrase singulière: ‘l’Espagne, qui jusqu’à très récemment n’était connue dans le monde que parce que c’était le pays natal de Julio Iglesias…’. La phrase peut paraître exagérée, mais elle vaut son pesant d’or. Après avoir déjà parcouru 4 continents rien que cette année, Julio inaugure sa tournée européenne avec un concert à Malaga, le 28 juillet, à l’Arène de La Malagueta, à 22:00 h.
L’entretien se déroule dans sa maison de la Costa del Sol. Il fait chaud et Julio apparait bronzé, en excellente forme, jovial et habillé tout en blanc, avec une chemise de lin et un pantalon assorti. Le dépassement de soi est un principe de sa vie, ordonnée et spartiate.
-Quarante-deux ans… C’est vite dit, mais c’est toute une vie. Que reste-t’il du Julio Iglesias de juillet 1968, de Bénidorm?
-La passion de vivre et de chanter, et la force pour monter sur scène.
-Où est-ce que vous avez vu le match de la finale contre la Hollande?
-Aux Etats Unis. le nom de l’Espagne s’est placé au zénith du sport universel. J’étais ému et j’étais très fier de voir le match à la Télévision Espagnole. Avec cette équipe, et avec Nadal, Pau Gasol, Fernando Alonso, Alberto Contador et tant d’autres noms illustres, notre pays se situe à l’avant-garde des plus grands sportifs.

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-Et l’image de Del Bosque?
-C’est un entraîneur extraordinaire et un gentleman. Il sait garder son calme, anticiper le mouvement de l’adversaire suffisamment de temps à l’avance pour le contrer, encourager les joueurs, leur transmettre de la confiance dans les moments clés du match. Le football espagnol lui doit beaucoup.
-Revenons à l’artiste. Quelles différences y a-t’il entre le jeune chanteur qui débuta à Bénidorm et le Julio Iglesias universel d’aujourd’hui?
-La différence c’est que 42 ans ont passé depuis le Festival de Bénidorm, bien que, pour moi, c’est comme si c’était hier. C’est incroyable comme le temps passe vite… Je suis très reconnaissant à la vie et à mon public pour ces quatre décennies de carrière. J’ai énormément appris et je me suis beaucoup amusé, j’ai eu et j’ai le privilège de parcourir le monde entier et surtout de connaître des gens merveilleux, qui m’ont enrichi non seulement en tant qu’artiste, mais aussi en tant que personne.
-A 66 ans, avez-vous une longue carrière devant vous?
-Toute celle que le public voudra, car c’est lui qui décide quand un artiste doit se retirer. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir être toujours là et de compter sur l’affection des gens. La vie m’a donné le privilège de voir trois générations assister à mes concerts.
260 millions de disques vendus, toutes les 30 secondes on passe une de vos chansons sur une station de radio du monde, vous remplissez des théâtres à 1.600 euros l‘entrée, on vous réclame à Las Vegas et à New York, on vous appelle de Monte-Carlo ou de Moscou, des pays arabes…
-Comment voyez-vous la musique espagnole d’aujourd’hui?
-Je suis ravi de voir qu’il existe beaucoup de jeunes talentueux, qui peuvent arriver très loin, à coups d’effort, de qualité et de discipline.
-Votre disque préféré?
-Je ne peux pas parler d’un seul disque. J’ai beaucoup de disques préférés, de Nat King Cole à Sinatra, en passant par les grands noms du blues.
-Vous ne laissez rien au hasard dans la vie… J’ai l’impression que vous n’improvisez pas beaucoup.
-J’aime la discipline et le travail. Je n’aime pas improviser et surtout pas faire les choses à court terme.
-Et que serait devenu Julio Iglesias s’il n’était pas parti aux Etats-Unis?
-Il y a souvent beaucoup de circonstances dans la vie des gens. Je ne sais pas ce qui aurait pu m’arriver dans la vie, dans beaucoup de circonstances.
-Chaque année vous passez de longs séjours dans votre maison de Marbella. Sentez-vous le besoin d’aller en Espagne pour retrouver vos racines?
-On ne perd jamais ses racines, où que l’on soit. Je suis espagnol, je suis fier de l’être et, naturellement, je suis ravi d’être dans mon pays et de montrer cette terre à mes jeunes enfants. Il y a longtemps que nous passons de longs séjours en Espagne.
-Et que pense-t’on de l’Espagne au-dehors, vous qui fréquentez tant de cercles tellement différents et distingués?
-l’Espagne est un pays respecté et qui provoque un très grand interêt chez les étrangers, grâce à son attrait culturel et touristique, à ses gens généreux et accueillants et, dernièrement, grâce aussi aux grands triomphes du monde du sport. La conjoncture économique, en ce moment, ne nous est pas favorable, mais notre pays s’est toujours fortifié dans les circonstances adverses. L’Espagne est un pays puissant et universel, qui a toujours eu un attrait essentiel pour les autres, et sa situation dans l’histoire lui confère une importance fondamentale dans le futur.
-Votre grande erreur?
-Je me suis trompé dans beaucoup de choses, comme n’importe quel être humain, mais ce qui est important c’est d’apprendre de nos erreurs.
-Votre grand succès?
-Rester vivant et avoir envie de vivre plus que jamais.
-Vous ne vivez pas dans une bulle irréelle? Probablement dorée, mais une bulle après tout… Je vous dis ça parce que vous sortez très peu.
-Le fait que je n’assiste pas à des fêtes ou à des actes sociaux ne veut pas dire que je vive dans une bulle irréelle. Je suis en contact avec les gens tous les jours, je chante dans des pays tout à fait différents et c’est un privilège, parce que je vois la vie de différents points de vue et je la comprends mieux. Aujourd’hui, si je ne sors pas beaucoup, c’est parce que je préfère me concentrer sur mon travail, la tournée, le prochain disque que je suis en train de préparer, et être avec ma famille.
-Que signifie Miranda dans votre vie?
-Miranda c’est ma vie.
-Cinq enfants, dont un, Guillermo, ayant à peine trois ans… Vous avez arrêté ou vous avez l’intention de continuer?
-Avoir cinq enfants, à 66 ans, c’est un cadeau de Dieu. Ma femme et moi les adorons; ils sont le meilleur de nos vies. Pour l’instant, nous n’avons pas prévu d’agrandir la famille, mais on ne peut jamais dire “fontaine, je ne boirai pas de ton eau”.
-Et les trois autres? C’est vrai que vous êtes en mauvais termes avec eux?
-Comment vais-je être en mauvais termes avec mes enfants? Qui est-ce qui peut penser ça? Je les adore et je suis très fier d’eux. Chacun d’eux a réussi à se frayer un chemin par son seul effort. En plus, ils sont généreux et ce sont des champions de la vie.
-Père de huit enfants, grand-père, ayant deux frères de moins de trois ans… Votre famille est extraordinaire.
-Merci beaucoup. Oui, la vie m’a donné une famille nombreuse et unie.
-Et votre père? Vous le regrettez?
-Enormément… Rien ni personne ne pourra jamais remplir le vide qu’il a laissé.
-A quoi aspirez-vous aujourd’hui, Julio Iglesias?
-A continuer à apprendre, à garder la santé et la discipline.
-Qu’est-ce qu’il vous reste à atteindre?
-Voir grandir mes enfants, leur inculquer les valeurs de la vie et leur apprendre à voler haut, garder la passion de la musique et remercier tous ces gens qui m’ont offert une vie privilégiée.
-Et votre nouvelle tournée mondiale?
-La tournée de cette année est spéciale puisqu’elle nous a déjà emmené aux quatre continents, dans des pays aussi différents que l’Australie, les Philippines, l’Uruguay, l’Argentine, la Malaisie, les USA., le Japon, le Maroc, l’Egypte et plusieurs autres… le 28 juillet, nous commencerons la tournée en Europe avec un concert à Malaga, à l’Arène de la Malagueta, suivi de deux concerts au Festival de Cap Roig, le 5 et le 6 août. Ce sont mes seuls 3 concerts en Espagne, cette année, et je suis toujours très ému de chanter dans mon pays.
-C’est vrai que vous avez fait l’amour à des milliers de femmes…?
-C’est une légende. La légende est beaucoup plus séduisante que la réalité, mais en fait j’ai toujours eu un véritable respect pour les femmes. J’ai appris plus d’elles que de personne dans la vie.
-Cette année on vous remet le titre de « Fils Adoptif » (Citoyen d’Honneur) de Malaga et la Médaille d’Or des Beaux-Arts. Que signifient les prix et les récompenses pour vous, qui depuis quelques mois avez même un ‘Jour de Julio Iglesias’ à l’Etat du Nevada aux Etats-Unis?
-Un prix ça représente le symbole de l’affection des gens et c’est quelque chose qui t’honore toujours.
-Vous sentez-vous jalousé?
-Non. Je me sens heureux.

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Julio Iglesias – ‘El señor’ (“Monsieur”) dans ses domaines
14 Juillet 2011
Par: Diego León, Elenco, Colombia

Des vieilles pochettes de 33 tours de El amor et A mis 33 partagent un mur avec celles d’autres artistes mondialement célèbres dans le bar lounge du Punta Cana Yacht Resort, le lieu de villégiature dont beaucoup disent que Julio Iglesias est l’un des associés et dans lequel se logent son pilote, son producteur musical, les avocats avec lesquels il mène ses affaires immobilières, et d’autres invités: fêtant bientôt ses 68 ans (le 23 septembre), il ne perd pas l’agilité dans ses mouvements ni sa galanterie.

‘El señor’ (« Monsieur »), comme l’appelle tout le monde sur l’île, est le symbole et le fer de lance d’une industrie de la construction et du tourisme qui a commencé à croître depuis son arrivée au paradis tropical dominicain: “Je voulais m’acheter une maison à La Romana (à une heure et demie de Punta Cana, là où Michael Jackson s’était marié avec Lisa Marie Presley en 1994 et où d’autres célébrités comme Marc Anthony et Sharon Stone possèdent des maisons), mais Oscar de la Renta m’a dit de venir ici; nous nous réunîmes avec le président d’une compagnie locale et nous sommes devenus associés. Tout cela s’est beaucoup développé ces dernières années, “.

Iglesias nous a reçu en sweat-shirt, après que Sunshine, la blonde et belle assistante canadienne qui travaille depuis huit ans à son service soit passée nous prendre à 16h15 pile à l’établissement. Cinq minutes ont suffi pour arriver dans le quartier de Coral 5, et que l’immense porte s’ouvre, laissant apparaître la demeure aux jardins géants et à la décoration balinaise.

Dans l’entrée des cinq pièces de réception dont dispose la maison est apparue Nathaly, la danseuse panaméenne sexy à la peau cannelle et aux mouvements délicats, qui voyage avec le chanteur et se charge de tout faire marcher comme une horloge. Éparpillés ça et là, les 15 employés coupent, nettoient, arrosent et s’occupent de satisfaire toutes ses demandes. “Monsieur est dans son studio”, nous nous installons dans la salle à manger de la plage, près du panier contenant les sandales de Miranda et des cinq enfants, les voiles ondulant au gré du vent sur cette vue impressionnante de la mer d’un bleu cristallin qui caresse le sable blanc. Tout près, à quelques mètres, se trouve la propriété de Oscar de la Renta, qui ces jours-là recevait lui aussi des journalistes pour le lancement d’un parfum.

“Il habite à cinq minutes d’ici, il vient en voiture de golf, entre par la porte VIP et monte dans son avion”, nous avait raconté l’une des fonctionnaires de l’aéroport, celui où Julio a son jet E5 de 42 mille kilos de carburant et une capacité de 12 passagers.

Pour la rencontre initiale nous avons été conduits au studio privé, équipé de la plus récente technologie. L’air tout excité, comme un enfant qui montre ses nouveaux jouets, l’artiste nous a laissé écouter ses vieilles chansons et nous a permis de les comparer avec les versions sonores actuelles, où sa voix est ré-enregistrée et les instruments sont joués à nouveau, et avec lesquelles il veut surprendre ses fanatiques de toujours et conquérir les nouvelles générations: “J’ai plus de mille chansons en espagnol, j’en ai pris environ 120, qui vont de La vida sigue igual à Me olvidé de vivir, et je suis en train de les chanter à nouveau. Comme je sais que je ne suis pas capable d’écrire à nouveau des chansons comme Abrázame ou Quijote, j’ai découvert ce système qui me permet de chanter à nouveau et mieux ce que j’avais fait précédemment avec une voix et un son moyens. Ma voix s’est enrichie avec le temps”.

Alberto Sánchez, l’ingénieur du son qui depuis un an et demi est plongé dans le projet avec Iglesias, raconte qu’il s’agit de prendre les chansons et, à partir de leur structure, de ré-enregistrer les graves, la batterie, les cordes et la voix, et de remplacer l’ancien par le nouveau sans perdre toutefois leur essence.

Dans la voiture de golf conduite par Julio en personne, nous sommes retournés à la salle à manger avec la vue marine et la brise fraîche. “Les tablées sont très importantes pour moi car elles sont un moment de communion; c’est là que l’on gagne et que l’on perd l’amour. J’ai partagé beaucoup de tablées avec mes enfants; et comme je n’avais pas beaucoup de temps pour les aînés (Julio José, Enrique et Chábeli), elles étaient très animées, nous y avions des conversations profondes”. Il a été plus proche des cadets, il a mieux profité d’eux.

Cela faisait plus de dix ans qu’il ne rencontrait pas de journalistes, une décennie pendant laquelle personne n’a fouillé dans sa vie et pendant laquelle il n’a pas accepté de répondre sans conditions. Pendant qu’il nous raconte cela, Chipi et Misty, les chats qui partagent leurs jeux dans le sable chaud, se promènent. “Vous êtes les premiers à venir ici; ensuite, pendant les deux prochains mois, je recevrai près de 50 journalistes du monde entier.” Bien évidemment, Julio n’en a pas besoin, il donne des concerts sporadiques, mais juste pour le plaisir car ses revenus actuels sont le produit des “autres empires” qu’il a construit au fil des ans.

Et quand il parle des enfants qu’il a avec Miranda, il montre les places où ils s’asseoient comme s’ils étaient présents: Miguel Alejandro, de 13 ans; Rodrigo, de 12; les jumelles Cristina et Victoria, de 10, et Guillermo, de 4. “Ils sont à Miami, nous verrons demain s’ils viennent ou si c’est moi qui vais les retrouver.”

Une autre maison à Miami dont s’occupent Rosie et dix employés, et dans laquelle la mascote est une grande tortue, et une demeure en Espagne avec cinq assistants qui s’occupent de Charlie et Chaplin, leurs chiens, complètent les résidences du chanteur-compositeur.

Cela fait un an qu’il s’est marié avec Miranda, après 20 ans de fiançailles: “Je n’imagine pas la vie sans savoir que Miranda me regarde.”

Ces derniers jours, il passe plus de 15 heures sur 24 dans le studio. Depuis plusieurs années des producteurs de Broadway insistent auprès de lui pour faire une comédie musicale avec son histoire, avec ses chansons. Il y pense un peu plus mais il ne se décide pas: “Parce que ce futur que je suis en train de construire maintenant est plus important, celui de réussir à ce que les gens réécoutent mes chansons. Le résultat que j’aimerais pour ce disque est que les jeunes de 20 et 30 ans disent : Dis, Maman, tu avais raison.”

C’est la première fois dans l’histoire qu’un artiste décide de ré-enregistrer tous, absolument tous ses grands succès, et Sony, la maison de disques, a été sa complice. En Colombie ils ont lancé il y a deux mois “1”, l’album d’essai dans lequel ils ont présenté 12 de ces expérimentations et en trois semaines ils en ont vendu cent mille copies.

Ça l’a encouragé, surtout parce que depuis1984 il n’avait pas de forte présence sur notre marché: “Ce n’est pas que je me sois éloigné de l’Amérique Latine, c’est que je me suis consacré à découvrir d’autres cultures, à chanter en d’autres langues.” Dans quelques jours il lancera la même expérimentation au Brésil, en portugais; ensuite, le 15 septembre il parcourra le monde avec un CD contenant 18 chansons en espagnol et 10 en anglais, et en mars de l’année prochaine il fera de même avec les disques en français et en italien.

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Julio Iglesias. Il n’a pas “shanzé”

29 Juillet 2012

Par: Benjamin Locoge, Paris Match

Non, il n’est pas ringard. A 68 ans, l’autre roi d’Espagne nous a reçus dans son domaine de Marbella pour refaire l’histoire de sa vie. En toute simplicité.

Paris Match. On connaît peu votre enfance musicale. Qu’écoutiez-vous à la maison avec vos parents?
Julio Iglesias. On avait un petit électrophone, sur lequel on écoutait “It’s now or never” d’Elvis Presley. A 6 ou 7 ans, j’aimais bien Gloria Lasso et Luis Mariano, comme mes parents. Mais j’avais une approche totalement passive de la musique. J’aimais surtout le tango des années 40.

Quelle vie meniez-vous?
Rien n’était compliqué jusqu’à mes 19 ans, jusqu’à mon accident, en fait. Mon père était un grand médecin, puis, après la guerre civile espagnole, il est devenu professeur de médecine. Il a travaillé dur toute sa vie. C’était un homme de gauche alors que ma mère était à droite. Mais tout cela ne me parlait pas ; ma seule ambition, c’était le football, surtout pour faire le moins d’études possible ! Nous avions une vie presque banale, sans problèmes. Et, un jour, tout s’est effondré.

Vous souvenez-vous de votre accident?
L’accident en lui-même, non, mais ensuite j’ai vu la vie de manière complètement différente. Se sentir mourir à 19 ans vous fait comprendre combien l’existence est précieuse. A partir de là, j’ai eu envie de quelque chose de plus fort. Il m’a fallu du courage d’abord, de l’ambition ensuite et de la discipline, enfin. C’est la clé. J’avais un petit peu de talent, mais je me suis imposé une discipline de fer. Je savais que je ne pourrais plus jamais courir, mais c’est par cette épreuve que je suis devenu un homme.

Quelle était votre ambition?
Oh… elle était simple : pouvoir remarcher. J’ai commencé par un pas, puis deux, puis vingt… Les circonstances m’ont donné l’ambition de m’élever. Mais je ne pensais pas du tout à la musique, j’imaginais devenir avocat.

La musique a-t-elle joué un rôle durant votre convalescence?
Oui et non. Pendant deux ans, j’ai suivi le festival de San Remo à la télé. En 1968, quand je suis arrivé en Angleterre pour devenir avocat, j’ai découvert les Beatles, les Rolling Stones et surtout Tom Jones. J’avais acheté une guitare, j’avais écrit deux ou trois chansons pour ma famille…

Quand avez-vous compris que vous aviez une voix?
Une voix ? C’est un grand mot ! Au début, elle était petite, ma voix, pas solide. J’ai commencé à bien chanter dans les années 80.

Aimiez-vous la musique romantique?
Pas spécialement. C’est mon jeu de guitare qui m’a donné ce style très doux. Ensuite, je n’ai pas une voix qui permet de chanter du twist ou du hard rock ! Maintenant, je peux interpréter du jazz, de l’opérette ou faire un duo avec Stevie Wonder. Mais, au départ, j’étais très limité sur le plan artistique.

Comment se passait votre vie sociale ? Avec les filles, notamment?
Ah là, j’avais l’art et le savoir-faire ! Je suis un charmeur naturel… Ma grande aventure, c’était de séduire avec ma musique. Et ça marchait, car j’ai toujours su communiquer !

Quand avez-vous pensé : “Je suis chanteur, je vais faire carrière”?
C’est venu progressivement. Dès 1968, je me suis dit que je pouvais peut-être faire quelque chose avec la chanson puisque je venais de gagner le festival de Benidorm. Mais j’avais du mal à prendre cela au sérieux. J’ai demandé à mon père de bénéficier de deux années sabbatiques puisque je terminais ma convalescence. Mais, un an plus tard, mes chansons étaient numéro un dans toute l’Amérique latine… Et
là j’ai compris que c’était peut-être plus sérieux que je ne l’avais imaginé. Je suis devenu professionnel au fil des ans.

Vous êtes aussi devenu un homme d’affaires…
Malheureusement pour moi… Les affaires m’ont fait gagner beaucoup d’argent, mais elles m’ont aussi apporté trop de responsabilités. Financièrement, cela a été une vraie réussite. L’argent, c’est formidable quand vous pouvez acheter tout ce que vous n’avez jamais eu. Mais une fois que vous avez les maisons, les voitures et les avions, vous ne manquez plus de grand-chose ! Du coup, je manque actuellement de temps pour m’occuper de ma famille et de ma musique. Et le temps ne s’achète pas. Alors, d’ici à un an, je pense vendre toutes les entreprises que je possède. Je veux me concentrer sur ma carrière, je suis un peu fatigué d’être entouré par mes avocats…

Avez-vous encore des projets musicaux?
Oui ! Je prépare trois disques, un en anglais, l’autre en italien et le dernier en français. Je vais reprendre mes vieux titres, ceux que je chantais mal à l’époque de leur création comme “Le monde est fou”, “Où est passée ma bohème ?” ou encore “Je n’ai pas changé”. Ce n’est pas très créatif, mais actuellement je n’ai pas envie d’enregistrer un album de nouvelles chansons. Dans les années 70, un disque pouvait se vendre à 15 millions d’exemplaires. Maintenant, c’est quatre ou cinq mois de boulot pour espérer un million au maximum ! Je préfère donner des concerts. Il y a dix jours, j’étais au Pérou ; hier, je me produisais en Moldavie.

Est-ce dur de monter sur scène à votre âge?
C’est moins simple qu’avant. Je dois suivre un régime particulier, nager, faire attention à mon coeur. Cela reste un plaisir, qui efface très vite l’effort que je dois faire pour être là.
Vous qui voyagez tout le temps, quel regard portez vous sur la crise espagnole ?
Je n’aime pas m’exprimer sur le sujet, car ce n’est pas une crise normale. Une vraie crise, c’est la disparition des institutions et des infrastructures. Ce n’est pas notre cas. L’Espagne a péché par improvisation, c’est notre côté latin, nous n’avons pas su faire attention quand les caisses étaient pleines. Mais l’Espagne comme pays de culture, pays de gastronomie, pays d’accueil, pays de service, existe toujours. Et cela ne changera pas! Depuis trois ou quatre ans, nous nous faisons violence sur le plan économique, mais je suis convaincu que cela nous permettra d’être encore plus forts bientôt.

Est-ce que vous votez?
Seulement dans ma tête ! Je ne peux pas me le permettre étant donné ma situation. Je ne suis presque jamais là.

Prenez-vous encore plaisir à être reconnu dans la rue, à signer des autographes?
Je vis pour ça! J’adore quand les gens me touchent, quand les gens me regardent, quand les gens m’aiment. C’est un plaisir inoubliable.

Comment imaginez-vous votre avenir?
Je suis vivant, j’ai été capable de survivre. J’ai encore la passion lorsque je chante. Alors l’avenir…

Vous vivez avec vos plus jeunes enfants. Sont-ils au courant de ce que vous faites?
Non, ils n’ont pas conscience de ce que j’ai fait depuis toutes ces années parce qu’ici, à la maison, il n’y a pas d’albums, pas de souvenirs… Il y a des photos de la famille, mais
pas les disques d’or. Mon fils aîné Enrique est bien plus conscient de mes quarante-cinq ans de carrière.

Votre père a eu des enfants à presque 90 ans, à la fin de sa vie. Est-ce que cela fut difficile à accepter?
Je m’en foutais. J’ai toujours aimé mon père gratuitement, c’était beaucoup plus fort que tout le reste. Donc, s’il a voulu avoir des enfants à 89 ans, je n’ai pu qu’être complètement d’accord avec lui. Ces enfants, je ne les considère pas vraiment comme des frères. C’est difficile à raconter. Je les invite à Noël, l’été aussi… Moi, j’ai eu mon dernier fils à plus de 60 ans, et je mesure bien la différence entre mes aînés et mes petits. Eux ont besoin de moi de manière très forte. C’est donc à eux que je donne l’essentiel de mon temps, pas à mes frères…

Avez-vous peur de la mort?
Ah oui ! C’est pour cela que je ne dors pas beaucoup. Je veux continuer à faire des choses, à chanter le plus longtemps possible… J’ai encore tellement envie de vivre!

EN CONCERT LES 17 ET 18 AOÛT À MONACO (SPORTING SUMMER FESTIVAL).

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Nadal j’aurais aime être son père

28 Décembre 2013

Par: Frédérick Bernés, L’Équipe

Julio Iglesias est fan de Nadal, qui est fan de Julio.
Le chanteur Julio Iglesias reçoit des mains de son idole le prix de l’interprète hispanique ayant vendu le plus d’albums dans le monde.

« D’OÙ VIENT cette amitié entre vous et Rafael Nadal ?
– J’ai d’abord sympathisé avec ses ondes, notamment celui qui jouait pour la sélection (Miguel Angel). Rafa devait avoir dix-sept ans quand je l’ai vu pour la première fois. Je l’adore, Rafa. C’est très agréable parce qu’il est à un âge où, normalement, on ne s’intéresse pas à ce que je chante. Mais ce n’est pas ça le plus important dans notre relation.

C’est quoi alors ?
– Ce qui nous attire l’un vers l’autre, c’est qu’on a la flamme pour notre métier. Je vois chez lui une passion dès qu’il entre en scène qui ressemble à la mienne. 11 ne veut pas rater un match, je ne veux pas rater un seul concert. 11 ne veut pas rater un point, je ne veux pas rater une seule chanson. On a tissé une amitié très forte. On s’appelle ou on s’envoie des messages tout le temps. Je vois presque tous ses matches à la télé. Chaque fois que je parle avec lui, on en revient toujours à parler de cette passion.

Récemment, Nadal a été désigné plus grand sportif espagnol de l’histoire par les internautes de “Marca”. Auriez-vous voté pour lui?
– Comment faire autrement? Indurain était formidable, Ballesteros aussi, Di Stefano est une icône de mon club (chez les jeunes, Julio a été gardien du Real Madrid), mais ce n’est déjà plus comparable avec Rafa. S’il continue à ce niveau, Rafa entrera au panthéon universel du sport avec Pelé, Ali, Jordan, Lewis … Avec les sportifs inoubliables. Ces gens-là ne meurent jamais. Dans quinze ans, il aura un rôle fort dans le sport. Il sera un maître. La politique? Non, il n’aura pas ce problème. Heureusement pour lui (rire).

C’est bizarre mais on vous aurait plutôt cru sensible au style de Federer. Question d’élégance …
– Je m’en fous de Federer (rire). Enfin, c’est un grand joueur mais quand il joue contre mon fils (rire), je ne peux pas le préférer.

Votre fils?
– J’aurais aimé être son père même si, pour me rajeunir (il a 70 ans), j’aurais préféré être son frère. Attention, j’ai de bons fils quand même, hein!

Vous êtes tous les deux fanatiques du Real. Avez-vous déjà vu un match ensemble?
– Jamais. Mais nous sommes tous deux membres d’honneur du club. Quand il arrive sur un tournoi à l’étranger, Rafa cherche tout de suite où aller voir le match du Real. Je fais exactement pareil quand je suis en tournée.
Vous avez un jour loué l”’españolismo” de Nadal.

De quoi parliez-vous?
– Il adore son pays. Il a toujours eu le drapeau espagnol attaché à sa vie. Il habite toujours en Espagne. Moi, ça fait trente-huit ans que je vis aux États-Unis. Lui, c’est un exemple complètement pur d’un Espagnol qui fait les choses d’une façon totalement espagnole. Il est l’Espagnol, de la tête aux pieds.

S’il était une de vos chansons?
– Ce serait la Vida sigue igual, la première que j’aie écrite dans ma vie. Ça dit qu’il y a toujours une bonne raison pour vivre et pour lutter. Toujours une raison pour être meilleur.

Qui est l’Espagnol vivant le plus connu dans le monde: Julio ou Rafa ?
– Rafa. C’est sûr. Mille fois plus. Je chante mieux que lui mais il est plus célèbre que moi.

Et qui est le plus beau?
– Aujourd’hui, c’est lui. Hier, c’était lui. Avant-hier, c’était lui. Je n’ai jamais été plus beau que lui. »
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